Dans de nombreuses villes africaines, la croissance urbaine rapide et l’expansion de l’économie
informelle favorisent l’émergence de nouvelles pratiques économiques et sociales, parmi
lesquelles le travail du sexe. Cette étude vise à analyser les dynamiques socio-spatiales qui
structurent la territorialisation du travail du sexe dans la ville de Bouaké. Cette étude repose sur
la collecte des données quantitatives et qualitatives. Elle a combiné les enquêtes de terrain, les
entretiens semi-directifs, les observations directes et l’analyse spatiale. L’enquête de terrain a été
réalisée auprès de 60 travailleuses du sexe exerçant sur différents sites de la ville. Les résultats
ont montré que le travail du sexe se concentre au niveau des carrefours, des marchés et des espaces
de sociabilité nocturne. Ces espaces constituent à la fois des lieux d’opportunités économiques et
des territoires potentiels de vulnérabilité sanitaire en raison de l’intensité des interactions
sexuelles. D’après 65% des enquêtés, la pauvreté constitue la principale cause de la pratique du
travail de sexe. L’étude a permis d’aboutir à la conclusion selon laquelle la territorialisation du
travail du sexe dépend de l’organisation socio-spatiale de l’espace urbain.
Mots-clés : Organisation socio-spatiale, territorialisation, travail du sexe, économie informelle,
Bouaké.