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LE NOUCHI, UN PARLER URBAIN DE CÔTE D’IVOIRE

Nouchi, an urban speak of Côte d’Ivoire

Nouchi, un habla urbana de Côte d’Ivoire

Kpangui Kouassi
Université Alassane Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)
Laboratoire : SLADI (Sciences du Langage Appliquées Aux Discours d’Invention)
Enseignant-Chercheur
kouassikpangui@gmail.com

Résumé

Mots-clés, Keywords, Palabras clave

nouchi, argot, sociolecte, univers sociolinguistique de la Côte d’Ivoire,  nouchi, argot, sociolect, sociolinguistic universe of Ivory Coast, nouchi, jerga, sociolecto, universo sociolingüístico de Costa de Marfil,

TEXTE INTÉGRAL

Introduction

Le nouchi est l’un des parlers spécifiques du français en Côte d’Ivoire. Outre le français fautif, le français anciennement dénommé français de Treichville ou petit français, le français de Moussa ou français de Zézé et le français ivoirien (fi), il faut noter la place prépondérante qu’occupe ce langage dans l’univers sociolinguistique de la Côte d’Ivoire. Initialement parlé par les jeunes déscolarisés, le nouchi s’étend, de plus en plus, à travers toutes les grandes villes de la Côte d’Ivoire et même à l’extérieur. Il s’est imposé dans un espace où règne un multilinguisme avéré à telle enseigne que d’aucuns l’assimilent déjà à une langue à part entière. Pour d’autres, ce mode d’expression, qui est encore loin « d’obéir à une quelconque norme, n’est autre qu’une manière de parler non ordonnée, n’obéissant à aucun critère »1. Face à ce dilemme, nous avons décidé de nous intéresser à ce parler afin de déterminer ce qu’il en est exactement. L’enjeu d’une telle entreprise est de bien cerner ce phénomène linguistique endogène en le rapprochant à d’autres manières de parler au nombre desquelles figure le pidgin. Ce qui nous amène aux interrogations ci-après : Quel type de parler urbain est le nouchi ? À partir de cette question principale, nous tenterons de savoir : Comment et quand est né ce parler spécifique ivoirien ? Le nouchi est-il un pidgin ou un argot ? Quels sont ses traits caractéristiques ? Quelle place occupe ce mode d’expression dans la sphère sociolinguistique ivoirienne ? Trois articulations constituent les étapes de cette réflexion. Dans une première articulation, cet article se propose de faire un examen diachronique, voire comparatif du nouchi avec le pidgin. La deuxième articulation sera focalisée sur le caractère hétérogène de ce parler urbain ivoirien. Enfin, le dernier compartiment de cette disquisition sera consacré aux traits morphosyntaxiques et l’intérêt sociolinguistique que recèle ce sociolecte ivoirien.

1. Genèse du « nouchi »

Le nouchi était originellement le français des déscolarisés, des jeunes vivant dans la rue, des quartiers populaires d’Abidjan et des villes de Côte d’Ivoire. La plupart de ces jeunes appelés aussi « ziguéhis » (“guerriers” en langue locale) sont de forte corpulence. Ils pratiquent, en majorité, des arts martiaux et la danse « gnamangnaman2 » (avatar chorégraphique du taekwondo). Ils affectionnent les rixes et les bagarres de rue. L’un de ceux-là était le nommé John Pololo. Le nouchi vit le jour dans les années 80. Le grand public le découvre, pour la première fois, le 06 septembre 1986 par le truchement des journalistes Alain Coulibaly et Bernard Ahua ; ce, à travers leur article publié dans Fraternité Matin, seul journal officiel d’alors, et intitulé, fort à propos, « Le nouchi, un langage à la mode ». Le nouchi était, au début, un code de jeunes marginaux, qui l’utilisaient pour échanger et commettre certains actes tels que l’escroquerie et le vol. Les propos de l’animateur de radio, Soro Solo3, à ce sujet, sont formels :

Le secteur de l’informel se divise en deux blocs : celui des patrons et celui des apprentis. Il fourmille de jeunes non-scolarisés et de déchets scolaires. La loi du milieu est implacable. Comme les mousses, les apprentis chauffeurs ou des petits métiers sont corvéables à souhait. Ils doivent soumission absolue et reconnaissance au patron qui leur offre gracieusementle savoir. Dans un tel univers où délation, chantage, punition corporelle et raison du plus fort constituent les règles du jeu, on a intérêt entre gens de condition égale à élaborer un code ésotérique pour échanger ses fragments d’info sans que les aînés y comprennent quelque chose. Ainsi, le nouchi bourgeonna et se développa dans les gares routières, les garages de mécanique auto, les ateliers de menuiserie, les hangars de marché, avant de gagner la rue tout entière puis les lycées et les collèges.

Au fil du temps, il deviendra un phénomène langagier à la mode, un « feeling », comme ses locuteurs aimaient à le dire ; ce, pour exprimer leur façon de vivre et de se comporter. Le nouchi se présente alors comme une forme de renaissance pour ses adeptes. L’usage de ce parler était le baromètre pour être à la page, à la mode, donc un indice suffisant pour être dans ce feeling. Il faut, en outre, savoir agencer les mots nouchis de façon appropriée, avoir l’intonation juste pour les phrases et la gestuelle idoine pour être accepté et vu comme un « yêrê », c’est-à-dire doué dans ce langage. « Le nouchi, à l’origine, langue de la pègre et des enfants de la rue, est très vite devenu la variété privilégiée des jeunes de Côte d’Ivoire qui le revendiquent comme moyen d’affirmation de leur esprit créateur et de leur volonté de liberté » (S. Lafage, 2002 : 35 ; L. A. A. Aboa, 2017, p. 66).

Pour les puristes, Cette forme d’expression est, avant tout, une philosophie, un état d’esprit. Cette forme linguistique découle d’une « volonté de puissance6 », d’un désir de s’affirmer, de se différencier et de marquer les frontières. Selon les termes de P. Guiraud (1985) repris par J. K. N’Guessan (1990, p. 374), « ce parler se veut un “signum social” : les locuteurs du nouchi cherchent à afficher leur appartenance à un groupe, ici, le groupe de la petite et de la grande délinquance. Ils veulent surtout faire passer des messages codifiés à travers un langage secret ». Leur leitmotiv : impressionner par une certaine incivilité ou agressivité. Ce parler sert de moyen de communication entre les jeunes. Ils réinventent à travers celui-ci une langue propre à eux et affichent, du même coup, leur droit à se faire reconnaître.

Le nouchi porte les stigmates de la déviance, de la démarcation, de l’innovation et de l’écart, avec surtout le souci de s’affirmer, de se construire dans la créativité et de se bâtir une identité. Ce langage était aussi un moyen de persuasion. Un adepte du nouchi, qui s’exprime avec les gestes afférents à ce parler et qui a la démarche connexe, inspire la confiance et le respect. Ce mode d’expression sera un tremplin pour les musiques et danses telles que le « gnamman-gnamman » et le « ziguéhi » avec des musiciens comme kéké Kassiri et Noël Dourey. Les danseurs au rythme de ces musiques dont le plus célèbre est Gor la Montagne sont issus des ghettos et des quartiers populaires d’Abidjan tels que Williamsville, Adjamé, Yopougon, Abobo, Marcory et surtout Treichville. En guise de précision, il faut noter que le « Gnamman-gnamman » et le « Ziguéhi-dance » [zigeidɛ̃s] font suite au disco et au smurf-break-danse dont les origines remontent aux ghettos new-yorkais. Les chefs de file ivoiriens de cette danse venue du pays de l’oncle Sam étaient Yves Zogbo Junior, Ziké et Chalamar. Des groupes et mouvements musicaux vont même se créer. C’est ainsi qu’il aura des noms comme « Abidjan City Breaker (A.B.C.) », les « maplessiens », les « yankees » et autres.

1. 1. Signification du mot « nouchi » ?

Plusieurs versions se confrontent. Conformément à la première version, le mot « nouchi » tire son origine du manding dont deux des principales langues sont le malinké communément appelé « dioula » et le bambara. Il est composé de « nou », qui veut dire « nez » et de « chi » qui signifie « poils », et donc « les poils qui débordent les narines », qui ne sont souvent pas propres. Cette métaphore faisait allusion aux enfants dénudés et crottés des quartiers malfamés, des bidonvilles et dans la rue. Le nouchi était donc assimilé, au début, à une personne insalubre.

Le mot « nouchi » fait aussi référence à la moustache d’un cow-boy de film western et, par ricochet, à l’individu lui-même, car le « nouchi », à l’origine, est le prototype du caïd, c’est-à-dire celui qui joue les durs, à l’image des héros du Far West américain ou des films mexicains. Par ailleurs, il faut préciser qu’à cette époque-là, les usagers de ce mode d’expression étaient assidus aux salles de cinéma. De fait, les cinéphiles remarquèrent dans ces films, d’ailleurs très prisés sur l’ensemble du territoire, que la brute, le méchant, portait toujours une moustache. Tous les petits caïds, tous les bagarreurs de quartier se vantaient ainsi d’être des nouchis.

À partir d’un acrostiche, Nash4, « la go cracra du djassa »5, artiste figurant au nombre des férus actuels du langage nouchi, présente celui-ci de la façon suivante :

N → comme → langue nationale

O → comme → originalité

U → comme → qui prône l’union, l’unité 

C → comme → créole ivoirien

H → comme → fondé sur l’humour

I → comme → identité culturelle

Comme on peut le constater, pour cette rappeuse ivoirienne, le nouchi est une langue originale, « un créole », résultat du génie créateur et de l’esprit inventif du peuple ivoirien. Ce parler est également, pour elle, synonyme d’unité nationale, de convivialité, mais surtout l’expression d’une identité culturelle, celle de la Côte d’Ivoire.

1. 2. Approche diachronique du nouchi

Né officiellement dans les années 80, marquées par ce qu’il a été convenu d’appeler « la conjoncture » suivie subrepticement de l’ouverture au multipartisme, le langage nouchi a discrètement commencé à séduire. Parti des bidonvilles d’Abidjan, du carcan des ghettos, l’ancien argot des rues est, de plus en plus, parlé par les jeunes des grandes villes du pays. Les lycéens et collégiens ivoiriens, eux aussi, s’en donnent à cœur joie. Cette forme d’expression qui, au début, était comme un « phénomène générationnel » (A. L. A. Aboa, 2014) est, aujourd’hui, presque utilisé comme une langue véhiculaire, une langue à part entière, assurant « la communication entre les locuteurs ivoiriens, indépendamment de leur niveau d’instruction » (L. A. A. Aboa, 2014, p. 67). C’est par lui que la plupart des jeunes Ivoiriens se retrouvent, faute d’une langue ivoirienne imposante, d’une langue nationale officielle, à l’instar du wolof et le lingala. C’est pour les jeunes, une sorte d’alternative au français normé enseigné à l’école.

Par ailleurs, pour ce qui est de la dénomination, on parle de plus en plus, aujourd’hui, de « noussi » (au lieu de nouchi). Le nouchi ou noussi est donc une « langue » qui les identifie. Les mots et expressions de ce parler mixte se retrouvent dans les textes des musiciens ivoiriens ; et cela s’étend à tous les genres musicaux : reggae, zouglou, coupé-décalé. Les musiciens et non les moindres utilisent ainsi ce langage pour véhiculer leurs messages. On peut ainsi citer Alpha Blondy, Ismaël Isaac, Serges Kassi, Tiken Djah. Petit Denis, Nash, Billy Billy, Julien Goualo, les groupes Magic System, R.A.S. et dernièrement Garba-Cinquante. Il ne faut pas, non plus, oublier qu’il est utilisé dans des émissions de radio ou de télévision par des acteurs et humoristes comme Adama Dahico, Aga Lawal, Mgnific, Dr Philo et Ramatoulaye. Même les personnalités politiques ivoiriennes n’y sont pas indifférentes. Pratiqué à une montée grandissante dans la sous-région ouest-africaine, langue de communication très prisée, le nouchi permet aux Ivoiriens émigrés en Europe, et même dans le reste du monde, de s’identifier. Il leur sert quelquefois de langue de communication dans leurs différentes conversations. Avec le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC), ne serait-il pas opportun d’écrire les SMS et les courriers électroniques en nouchi ; et ainsi de communiquer et de transmettre des messages dans ce parler des jeunes Ivoiriens ?

1.3. Le nouchi : un sociolecte en devenir

L’argot est un langage particulier à un groupe social ou professionnel. Or par définition, le nouchi se présente originellement comme la langue des jeunes déscolarisés, des enfants des rues et des quartiers populaires d’Abidjan, désormais parlée par une bonne frange des jeunes Ivoiriens. Ce langage hybride est donc devenu comme l’indique B.L. Grah (2014, p. 76), « une langue trans-ethnique […], le seul sociolecte qui pourrait faire rompre les barrières tribales et les particularismes ; et qui mettrait les Ivoiriens [sur un même pied], en permettant une intercompréhension plus grande dans une population marquée par une multiplicité d’ethnies et de langues ». Ce parler argotique ivoirien s’impose, aujourd’hui, à une grande majorité de la population urbaine ; et on le retrouve dans les lieux ou secteurs d’activité comme le transport routier et le commerce. J. K. N’guessan renchérit en indiquant que ce « parler est devenu la première langue des jeunes âgés de10 à 30 ans6. » Le nouchi est en train donc de prendre de l’ampleur et de l’envergure. Il est aujourd’hui la meilleure langue véhiculaire de la population ivoirienne très hétérogène au niveau ethnique et linguistique. B. L. Grah (2014, p. 76) va plus loin en affirmant qu’il est,

sans nul doute, la langue nationale des Ivoiriens. Car en plus d’être parlé par plus de la moitié de la population du pays (toutes classes sociales confondues), le nouchi, dans sa pratique, emprunte ou crée ses composantes lexicales, morphologiques et syntaxiques à partir d’un mélange de langues étrangères avec les langues endogènes ; signant ainsi une volonté cryptique, un signe de reconnaissance et d’identification de la Côte d’Ivoire.

Pour les raisons évoquées supra, on peut affirmer, sans sourciller, que le nouchi gagne de plus en plus du terrain et commence même à parcourir le monde.  Quelles sont les traits pertinents de ce sociolecte ? Qu’est-ce qui le caractérise ?

2. Le nouchi : un parler urbain hétérogène et dynamique

Le nouchi est un parler composite et hybride. Il est donc issu de plusieurs langues, c’est-à-dire qu’il est le « résultat du croisement de plusieurs langues » (L. A. A. Aboa, 2016, p. 168). Ce parler urbain a d’abord pour base le français. Une autre partie de son lexique est composée d’un nombre considérable d’emprunts aux langues ivoiriennes et aux langues étrangères, africaines et occidentales.

2. 1. Vocables d’origine ivoirienne

Plusieurs termes du nouchi sont issus du terroir. Les langues endogènes dont les vocables sont les plus empruntés sont les suivantes.

2.1.1. Les mots baoulé

Les Baoulé constituent un peuple vivant au Centre, au Centre-Est et dans la moitié Sud de la Côte d’Ivoire. Ils représentent environ 23 % de la population ivoirienne (environ 3 943 667 d’individus) ; ce qui fait d’eux la première ethnie du pays. Les Baoulé parlent des langues nigéro-congolaises du groupe kwa, sous-groupe akan. Le baoulé sert de langue véhiculaire. Plusieurs vocables tirés de cette langue nationale se trouve dans le nouchi. Au nombre de ceux-ci, figurent « likéfi » et « doyor ».   

a) Likéfi  = Rien

b) Doyor = Adjectif qualificatif signifiant « gros »« gras ».

On obtient ainsi les énoncés suivants en nouchi :

a’) Y a likéfi : Il n’y a rien.

b’) Tassaba doyor (doyi ou doyiya) : Grosses fesses, en parlant d’une femme.

Postérieur d’une femme généreusement fourni.

2.1. 2. Les mots d’origine dioula.

Les Dioula couvrent une partie de la population du Mali (environ 260000 habitants) et constituent majoritairement celle du Nord de la Côte d’Ivoire. Ils parlent une langue nigéro-congolaise du groupe mandé. Langue du groupe mandé qui joue un rôle véhiculaire important en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, en Guinée et au Ghana. La langue dioula est pourvoyeuse de quantité de mots au nouchi. Aussi aura-t-on ce qui suit :

a) gban-gban = Scandale.

b) Tassaba = Muscles fessiers bien galbés d’une femme.

c) Mɔ̀gɔ  = Personne de sexe masculin.

d) Kɔ̀rɔ = Vieux.

Les occurrences suivantes en nouchi contenant des mots dioula se présentent :

a’) Y a bɔ̀rɔ de gban-gban dans le pays : Il y a beaucoup de troubles dans le pays.

b’) Je suis fan du tassaba de la gbomi : J’apprécie énormément les fesses galbées de

cette demoiselle.

c’) C’est un pissant mɔ̀gɔ : C’est un puissant homme.

d’) C’est le kɔ̀rɔ du gbonhi : C’est le plus âgé du groupe.

2.1. 3. Les mots d’origine bété ou gouro

Les Bété sont un peuple vivant dans le Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire, notamment dans les régions de Gagnoa, Ouaragahio, Soubré, Buyo, Issia, Saïoua, Daloa et de Guibéroua, dans ce qu’on appelle la « nouvelle boucle du cacao ». Ils parlent la langue du même nom appartenant au groupe des langues kru. Nombre de vocables usités par les locuteurs du nouchi émanent de ce groupe ethnique et d’un autre appartenant à l’aire linguistique mandé, à savoir les Gouro. Les vocables ainsi répertoriés se présentent comme suit :

a) Bagnon : Bel homme.

b) Gahou7 (ou gaou) : Danse gouro.

Les phrases en nouchi réalisées à partir de ces mots bété se présentent comme suit :

a’) C’est un bagnon : C’est un bel homme.

b’) Premier gaou n’est pas gaou ; c’est deuxième gaou qui est gnata : Se faire avoir

une fois n’est pas grave, mais se faire avoir deux fois de la même manière est

totalement idiot : Un homme averti en vaut donc deux.

2.2. Vocables d’origine européenne

La richesse du vocabulaire du nouchi est due non seulement aux emprunts aux différentes langues endogènes, mais surtout à une embardée vers les langues européennes enseignées dans les collèges et lycées en Côte d’Ivoire.

2.2.1. Vocables d’origine française

Comme nous l’avons souligné au point (6.2.), le nouchi fonctionne selon des principes syntaxiques de la langue française, l’ordre de la phrase y étant généralement « sujet + verbe+ complément ». En outre, les unités lexicales émanent, en grande partie, de l’Hexagone. Les configurations ci-après confirment cet état de fait :

a) Y a pas drap : Il n’y a aucun problème.

b) Il a zié (yeux) ma go : Il a regardé ma copine.

c) Ils ont train la go : Ils ont violé la jeune fille.

En outre, les mots du nouchi appartenant au patrimoine lexical du français standard sont souvent le fruit d’une modification de sens qui se réalise soit par un renforcement, soit par une réduction, ou encore par un changement sémantique.

La restriction du sens d’un mot consiste à réduire la valeur sémantique de ce mot. Le nouchi réduit le champ sémantique d’un certain nombre de mots français, transforme un mot polysémique en un mot à sens unique. Pour que le processus soit bien perçu, nous donnons, d’une part, pour chaque mot concerné, son acception en français standard, et d’autre part, celle qu’il a en nouchi : petit pompier : En français standard, le pompier est un homme appartenant au corps des sapeurs-pompiers, chargé des secours dans les incendies, ainsi que dans les accidents où le sauvetage est périlleux ou difficile. En nouchi, il renvoie à un gigolo qui a des relations amoureuses avec la femme d’un riche. On fait alors précéder le mot « pompier » de l’épithète « petit » pour marquer cet affaiblissement du sens originel du mot.

teuheu [tœhœ] (tuer) : En nouchi, le verbe « teuheu » qui découle du verbe français
«  tuer » par déformation phonique, signifie « faire un carton ». Aussi peut-on

avoir la phrase suivante en nouchi :

équivaut à

d) « Djo, le son-là va teuheu. » Mon ami, cette musique va faire un carton.

L’extension de sens, tout en conservant à un mot son fond sémantique d’origine, tisse sur celui-ci d’autres sèmes, c’est-à-dire d’autres références et d’autres valeurs. Les deux mots que sont « fer » et « gombo » illustrent ce type de création sémantique en nouchi :

fer : En nouchi, en même que le mot « fer » désigne le métal, il renvoie également à l’automobile, qui est fabriquée à partir de cette matière, c’est-à-dire le fer ; ce, par le truchement de la synecdoque (la matière pour l’objet).

gombo : Dans le langage nouchi, le vocable « gombo » qui désigne originellement une plante de la famille des malvacées dont on consomme les feuilles et les fruits comme légumes, son fruit. Usité en nouchi, il connaît un élargissement de sens et renvoie, dorénavant, à « un petit contrat de travail, un petit boulot » ; d’où la phrase suivante : « Ton gombo glisse », qui signifie : « Ton petit contrat de travail te rapporte beaucoup de sous ».

À partir des vocables appartenant à la langue française, les locuteurs du nouchi sont parvenus, par analogie notionnelle ou sémantique, à former différents autres mots désignant des réalités qui leur sont connues par un système de codage. On observe donc que les unités lexicales du français standard gardent leur statut au niveau grammatical et leur structure morphologique, mais subissent, à cause de la volonté cryptique des locuteurs du nouchi, des changements sémantiques. Examinons l’échantillon ci-dessous.

drap : Le « drap » se définit comme un tissu, utilisé en literie pour recouvrir le matelas. En nouchi, ce vocable est synonyme des termes comme « problème » et « ennui ».

équivaut à

e) « Y a pas drap » Il n’y a aucun problème.

togo : Le Togo est un pays d’Afrique de l’Ouest ayant des frontières communes avec le Bénin à l’est, le Burkina Faso au nord, et le Ghana à l’ouest. Sa façade sud est ouverte sur le golfe du Bénin. La population est estimée en 2009 à 6 619 000 habitants pour une densité de 95 hab/km2, avec une superficie 56 785 km2. Dans le parler urbain ivoirien qu’est le nouchi, ce nom propre de chose devient un nom commun, et renvoie à la pièce de 100 francs CFA

équivaut à

f) « J’ai péhé pain-là à one togo. » J’ai acheté ce pain à 100 francs CFA.

2. 2.2. Vocables d’origine anglaise

Le nouchi puise également des vocables dans la langue anglaise. Les termes ainsi empruntés se présentent de la façon suivante :

a) Enjoy = S’amuser. d) Die = mourir

b) Flow = Couler e) Small = Petit

c) Fresh  = Frais

Les phrases marquées par un mot anglais se laissent apprécier dans les configurations

suivantes :

a’) Je suis enjaillé : Je suis content, satisfait. d’) Il est daï (die) : Il est ivre.

b’) Je flo à la pisse : Je rentre à la maison. e’) Elle est trop small : Elle est petite

c’) La freshnie : La belle jeune fille. et très jeune.

2.2. 3. Vocables d’origine espagnole

Outre l’anglais, l’espagnol et l’allemand constituent les deux autres langues étrangères, au choix, distillées dans les différents établissements secondaires en Côte d’Ivoire. C’est la raison pour laquelle il y a beaucoup de mots de ces langues qu’on apprend au collège et au lycée dans ce parler urbain ivoirien. Aussi trouve-t-on les vocables espagnols ci-après dans le nouchi :

a) Como ? = Comment ? Quoi de neuf ?

b) coche = Voiture

On obtient ainsi les énoncés nouchis suivants :

a’) Vié père, c’est como ? : Grand frère, Qu’y a-t-il de neuf ?

b’) lé vié père a un(in) coche fri [levjepεaɛ̃koʃefri] : Ce monsieur possède une belle voiture.

Le mot hébreu « Jah » et le vocable italien « fratello », une autre langue romane proche de l’espagnol, sont également employés par les locuteurs de ce parler métissé.

2.2. 4. Vocables d’origine allemande

Le nouchi est l’émanation des jeunes non-scolarisés et surtout des déscolarisés appelés aussi « déchets scolaires ». Nombres de mots de ces langues apprises par ces derniers, au nombre desquelles figure l’allemand, se trouvent fatalement dans leur praxie langagière. Les mots allemands ainsi répertoriés se présentent comme suit :

a) Kaputt = Briser

b) Nein = Non

On obtient ainsi les réalisations suivantes :

a’) Ton bras-dri est kaputt : Ton ami est tout ivre.

b’) Nein, il ment ! : Non, il plaisante !

2.2.5. Vocables d’origine inconnue ou fabriqués par les usagers du nouchi

Le nouchi, phénomène linguistique propagé par les jeunes, est caractérisé par un lexique qui mélange le français avec quelques langues endogènes et étrangères. Il crée surtout beaucoup de néologismes. Ce parler argotique utilise la plupart des procédés de création de mots nouveaux à partir des mots empruntés à différentes langues ou se sert des mots créés de toute pièce. Son vocabulaire se construit également à partir d’onomatopées, de métaphores ou de verlan. Le nouchi est extrêmement instable et évolue donc en permanence, au fil des néologismes créés, fabriqués par les locuteurs du nouchi eux-mêmes. Les occurrences infra sont loin d’infirmer nos propos :

a) Agbolo = Costaud f) Krika = Mille francs CFA (1000 F CFA).

b) Bédou = Porte monnaie g) Moro = Cinq francs CFA (5 F CFA).

c) Gbra = Descendre h) Tata (mougou) = Faire l’amour à une femme.

d) Gnaga = Palabre i) lolos = les seins de la femme.

e) Gnata = Ignare

 

Aussi obtient-on les énoncés ci-après :

a’) Mɔ̀gɔ-là est trop  agbɔlɔ (C’est un agbɔlɔté) : Ce monsieur est très costaud.

b’) On a maga son bédou : On a volé son portefeuille.

c’) Apprenti, on gbra ici : Apprenti, on descend ici.

d’) Y a gnaga au terrain : Il y a une bataille rangée au stade.

e’) C’est un gnata. Il ne connaît rien : C’est un ignare. Il ne sait rien.

f’) Vié père, j’ai un krika : S’il vous plaît monsieur, je n’ai que mille francs CFA.

g’) Thiéé, ça ment sur moi aujourd’hui. Je n’ai même pas encore eu moro : Dis donc,

mes affaires ne marchent pas comme je le souhaiterais aujourd’hui. Je n’ai même

pas encore eu cinq francs CFA.

h’) Il a tata-mougou la pitini go : Il a violé la jeune fille.

i’) Ma chérie a les lolos : Ma chérie a de jolis seins.

3. Traits morphosyntaxiques et valeur sociolinguistique du nouchi

Le domaine où le nouchi marque son originalité et sa richesse est indubitablement celui du vocabulaire. Pour étoffer son lexique, ses locuteurs ont recours à divers procédés de formation des vocables. De fait, le « nouchi utilise la plupart des procédés de création de mots nouveaux à partir des mots empruntés à différentes langues ou des mots créés de toute pièce. Voici, en substance, les principaux procédés de création lexicale observés dans ce sociolecte ivoirien.

3. 1. La composition en nouchi

Nombre de mots nouchis sont obtenus par la voie de la composition qui consiste à créer un mot nouveau par l’association d’au moins deux mots. Le premier processus consiste à relier, par le truchement d’un trait d’union, deux mots autonomes et souvent d’origines différentes pour désigner un être ou un objet bien spécifique. C’est ainsi qu’on a des constructions hybrides dont voici quelques exemples :

équivaut à

a) « Maga – tapé » : « Je l’ai maga-tapé. » Je l’ai tapé par surprise.

équivaut à

b) « dindin-man » : « Dindin-man n’a pas lok. » Un homme indécis

n’a pas de chance

de réussir.

équivaut à

c) « bras-mɔgƆ̀ » : « C’est mon bras-mɔgƆ̀. »  C’est mon ami.

3. 2. L’adjonction de suffixe en nouchi

La suffixation est la dérivation lexicale qui consiste à ajouter un suffixe, petit élément derrière la base (on dit aussi radical ou racine) d’un mot pour former un mot nouveau qui porte un sens spécifique. Une pléthore de termes nouchis sont ainsi formés. Aussi avons-nous les terminaisons respectives suivantes :

  • Avec les suffixes dioula8 « – li » et « – co »

donne

soutra – li soutra (aider) + li « soutrali » (aide).

donne

badou – co badou (manger) + co « badouko » (bénéfice,

gain, nourriture).

  • Avec le suffixe verbal français « -er »

donne

tchache – er tchache (grande volubilité) + er tchacher (se vanter).

Au niveau syntaxique, on retrouve, dans le nouchi, les phénomènes grammaticaux suivants, observés de même, dans les autres variétés de français en Côte d’Ivoire, le français standard ivoirien, en l’occurrence.

3.3. L’ellipse de « ne » du morphème discontinu de négation « ne…pas »

En nouchi, on peut assister à l’ellipse de l’item « ne » ou à l’omission simultanée de deux items, voire de trois dans une même phrase. Le contexte est une phrase négative marquée par le marqueur de la négation, le signifiant discontinu « ne … pas ». En voici donc les exemples :

équivaut à

a) « Faut pas béhou. » Il ne faut pas bouger (Ne bouge pas).

équivaut à

b) « Faut pas chauffer mon ker » Il ne faut pas m’énerver (Ne
m’énerve pas).

3. 4. Omission du pronom personnel neutre « il »

A

équivaut à

u sein du discursif nouchi, en contexte de phrases affirmatives, on observe la suppression de l’item impersonnel « il ». Il reste alors le seul verbe « faut » ou le seul groupe verbal « y a ». C’est ce qui explique les transformations ci-après contactées chez les locuteurs du nouchi.

a) « Faut béhou là-bas ! » Hors de ma vue !

équivaut à

b) « Y a fƆ̀hi (fƆ̀ Ɔ̀) » Il n’y a rien.

 

3.5. Emploi à valeur intensive de l’adverbe « mal »

En français normatif, le mot « mal » est souvent un adjectif lorsqu’il est antéposé aux substantifs qu’il accompagne. Cela se voit dans la locution « bon gré, mal gré ». Usité comme adverbe, il est, dans ce cas, postposé au terme qu’il accompagne. On a ainsi les séquences comme « pas mal », « parler mal ». En nouchi, ce mot est utilisé en lieu et place de l’adverbe d’intensité « très » ou de quantité « beaucoup », et se place toujours devant les adjectifs qualificatifs. C’est ce qui justifie les occurrences infra dans ce parler urbain ivoirien :

équivaut à

a) « Elle est mal fri. » Elle est très belle.

équivaut à

b) « Je suis mal fan de la gomi. » Je suis beaucoup amoureux de la

belle demoiselle.

 

3.6. Absence de déterminant dans le nouchi

L’absence de déterminant dans le nouchi a les mêmes causes que dans les autres variétés de français en Côte d’Ivoire.

De fait, le déterminant zéro, véritable statut de déterminant en français de Côte d’Ivoire, est dû en partie au fait qu’il existe un déterminant zéro dans les langues ivoiriennes, à l’instar des deux langues citées supra. Une autre cause qui explique la naissance des ivoirismes en général, et qui est à la solde de l’absence de déterminant constatée dans le français ivoirien en particulier, est l’incapacité de nombre d’Ivoiriens à trouver le genre exact des substantifs qu’accompagnent les déterminants. De fait, les usagers ivoiriens du français éprouvent souvent d’énormes difficultés à trouver le genre convenable des mots qu’accompagnent les déterminants, plus précisément les articles. Pour donc éviter de se tromper sur le genre de ces substantifs et faire ainsi des fautes grammaticales, ils préfèrent occulter les déterminants qui précèdent les noms communs français qu’ils emploient lorsqu’ils s’expriment en français. (K. Kpangui, 2017, p. 70)

Dans le nouchi, cette absence de déterminant est suppléée par l’emploi de la particule « -là » postposée, à valeur de déterminant défini (déictique) et d’adjectif démonstratif. Aussi est-il important de souligner que cet emploi est présent dans toutes les autres variétés de français en Côte d’Ivoire.

équivaut à

a) « Go-là est kpata. » Cette fille est très belle.

équivaut à

b) « Péi ser-là ment trop. » Cette petite ment beaucoup.

équivaut à

c) « Mɔ̀gɔ-là est trop pissant. » Cet homme est très fort.

3.7. Importance et intérêt sociolinguistique du nouchi

Ce travail articule ensemble une étude sociolinguistique et une analyse descriptive explicative de principaux traits morphologiques et syntaxiques du parler urbain ivoirien qu’est le nouchi. Nous avons aussi cherché à trouver des réponses à nos préoccupations de départ, savoir : Qu’est-ce que le nouchi ? Quel type de parler urbain est le nouchi ? Comment et quand est né ce parler spécifique ivoirien ? Le nouchi est-il un pidgin ou un argot ? Quelles en sont ses traits caractéristiques ? Quelle place occupe ce langage dans la sphère sociolinguistique ivoirienne ?

L’analyse et la recherche obstinée de solution à nos interrogations nous ont permis d’obtenir les résultats suivants : D’abord, nous avons fait la genèse du parler qu’est « nouchi ». Cette entreprise a consisté à donner la signification du mot « nouchi », d’une part, et à faire son historique, d’autre part. Le vocable « nouchi », qui désigne les poils des narines a servi à identifier un phénomène linguistique ivoirien né dans les années 80, et connaît une extension de plus en plus accrue, et est devenu un véritable sociolecte de nos jours ; et qui sait, s’il ne deviendra pas « la langue nationale » (B. L. Grah, 2014, p. 76) des Ivoiriens demain. Le décryptage morphologique et syntaxique du nouchi nous a révélé que, dans sa pratique, ce mode d’expression utilise la plupart « des procédés de création de mots nouveaux à partir des mots empruntés à différentes langues ou des mots créés de toute pièce » (L. A. A. Aboa, 2017, p. 67). Le nouchi emprunte ou crée quantité de ses composantes lexicales, morphologiques et syntaxiques à partir d’un mélange de langues étrangères que sont le français, l’espagnol, l’allemand l’hébreu, avec les langues endogènes, à savoir le baoulé, le dioula, le bété, le gouro. Les principaux procédés morphologiques et syntaxiques observés dans le nouchi sont la composition et la dérivation par suffixe, l’ellipse des particules grammaticales que sont « ne », « il » et surtout la catégorie des déterminants.

Conclusion

Le nouchi loin d’être un sabir, un pidgin à proprement parler, est une sorte de continuum dont les principaux termes sont issus de certaines langues ivoiriennes auxquels s’ajoutent les mots du français, de l’anglais, de l’espagnol, de l’allemand et les mots fabriqués à partir d’onomatopées, de métaphores ou de verlan. Considéré, au départ, comme la langue des brigands, des petits délinquants, des truands des quartiers chauds d’Abidjan, Il se positionne aujourd’hui comme le moyen de communication par excellence d’une très grande partie de la jeunesse ivoirienne. Les autres couches de la population ivoirienne ne s’en privent d’ailleurs plus. Ce parler argotique est devenu un véritable sociolecte. Il incarne même l’identité ivoirienne. Ce moyen de communication est actuellement un véritable phénomène linguistique et social en Côte d’Ivoire. Ce langage argotique qui a servi de code secret aux jeunes déscolarisés, aux enfants de la rue et aux petits délinquants des quartiers populaires d’Abidjan, est, aujourd’hui, sorti de ce milieu pour devenir le véhiculaire d’une importante frange de la population ivoirienne. Le nouchi connaît une montée galopante et s’étend à des degrés divers à toutes les couches de la société ivoirienne. Il urge donc d’affiner rigoureusement ce sociolecte afin d’en arriver à la standardisation d’un substrat lexical et syntaxique. Ce travail permettra de diffuser et de faire ainsi répandre le nouchi à travers les médias, d’officialiser cette langue qui devient de plus en plus incontournable pour la société ivoirienne toute entière et même pour le monde. Le nouchi qu’on dénomme de plus en plus « noussi » est, par là, une fierté, une marque de la Côte d’Ivoire. C’est le fruit de la créativité ivoirienne. Cela sous-entend que le français n’est pas venu se fixer sur du néant, et que les Africains, en général, et les Ivoiriens, en particulier, sont capables de créativité et d’invention quand on sait les origines, les étapes et les conditions dans lesquelles est née la langue française contemporaine que nous parlons aujourd’hui. Plusieurs érudits de la communauté scientifique ont déjà évoqué le terme de « pré-créole » (S. Lafage, 1991), de « continuum pré-créole » concernant le nouchi. Aujourd’hui, il est de plus en plus question de « créole » (C. R. Abolou, 2012 ; H. Sande, 2013). Le nouchi connaît une tendance évolutive. Cela suffit-t-il pour conclure qu’il sera le créole ou la langue ivoirienne de demain ? Les autres variétés de français en Côte d’Ivoire telles que décryptées au point (1) pourraient-elles disparaître au profit de ce parler hybride ?

 

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Film : Les invisibles, série écrite et réalisée par l’Ivoirien Alex Ogou : Regardé : 10. 2018

1Propos de Pr Sassongo Jacques Silué, au cours de la conférence inaugurale qu’il a prononcée le 13 mars 2019, à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, à la faveur du colloque international sur le thème : « Le nouchi, notre français ? Parlers urbains africains : pratiques, marges et territoires linguistiques (francophonie, anglophonie) », tenu les 13, 14 et 15 mars 2019.

2Le gnamagnama, ordures en malinké, fut inventée en prison par John Pololo, figure emblématique du mouvement ziguéhi et à la musculation appelée, en nouchi, la “digbature” : digba (mot bété) + le suffixe « ture ».

3Soro Solo : http://africultures.com/zouglou-et-nouchi-les-deux-fleurons-pervertis-de-la-culture-

urbaine-3110/, publié le 31 octobre 2003, Date de consultation : Lundi, 1er avril 2019 à 17 heures.

6La Volonté de puissance (Wille zur Macht [ˈvɪlə tsuːɐ̯ mart]) est une notion du philosophe allemand Friedrich Nietzsche. On la trouve dans ses trois célèbres ouvrages, notamment Ainsi parlait Zarathoustra, Par-delà le bien et mal et Généalogie de la morale. La Volonté de puissance ne désigne pas seulement chez Nietzsche une velléité de pouvoir, mais la force humaine la plus importante, plus forte que la volonté de vie. Elle est ainsi parfois désignée par Nietzsche comme l’essence de l’être ou l’essence de la vie. Ici dans cet article, cette notion est assimilable au désir des jeunes de se faire reconnaître, de s’afficher, de s’affirmer.

4Natacha Flora Sonloue Aka dite Nash est une rappeuse ivoirienne. Elle est reconnue pour son style de rap et de slam fait en nouchi. Cette artiste ivoirienne a l’art de s’exprimer couramment en nouchi.

https://www.google.com/search?q=nouchi&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwjjvezP9J7fAhVoQxUIHcn7AioQ_AUIDigB&biw=1366&bih=626. Mise en ligne en 2014. Date de consultation : Vendredi, 14 novembre 2018 à 08 heures 45 min.

5https://etincelantewebzine.com/nash-la-go-cracra-du-djassa-presente-son-bebe-le-17-novembre-2018/. Mise en ligne11septembre 2018. Date de consultation : Vendredi, 14 novembre 2018 à 07 heures 50 min.

6Nouchi.com : C’est quoi l’origine de la langue Nouchi ? http://www.nouchi.com/le-nouchi/origine-du-nouchi.html. Mise en ligne : 2000. Date de consultation : 14.12.2018.

7Le gahou est une danse d’origine gouro modernisée et vulgarisée par un musicien de la même ethnie dunomde Yéplé Jazz :

Voir Youtube : https://www.youtube.com/results?search_query=y%C3%A9pl%C3%A9+jazz.

8Le dioula est une langue nigéro-congolaise mandingue parlée ou comprise par 20 millions de personnes au Mali, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, en Guinée, au Ghana.

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