La crise des subprimes qui est née aux États-Unis d’Amériques en Août 2007 s’est très vite répandue
en Europe. Avec l’interconnexion des économies, les chocs se sont très vite exportés. L’Espagne citée
comme un parfait exemple de développement économique et de résilience depuis son entrée dans
l’Union Européenne (1er janvier 1986) n’a pas échappé à la furie de la crise. En 2008, la crise
commence dans le pays et les difficultés naissent. L’activité économique est au ralenti et le chômage
explose, atteignant des pics (17% en 2009, 25% en 2012 et 27% en 2013). Pour résoudre la crise,
les gouvernements espagnols vont imposer des mesures d’austérité aux populations. À travers une
rhétorique bien préparée, le discours sur l’austérité a pris forme et a légitimé toutes les recoupes
budgétaires. Cependant, au-delà des gains financiers escomptés pour une relance économique de
l’Espagne, l’austérité va représenter un obstacle dans la préservation des droits sociaux et des
acquis de l’État-Providence espagnol. Les enjeux soulevés par cette étude sont d’ordre : social (il
donne une voix aux perdants de l’austérité souvent absents des études économiques), mémoriel (il
empêche l’oubli des coûts humains de l’austérité) et prospectif (il éclaire sur les choix à faire dans la
résolution des crises économiques). Parlant d’objectifs, cette étude vise d’abord à mesurer l’ampleur
du choc économique, cela en quantifiant l’impact récessif de la crise de 2008 sur l’Espagne (PIB,
chômage). Ensuite, elle a pour mission de décrypter le cadre contraignant (règles et principes
économiques de l’union européenne) dans lequel les décisions des politiques espagnols ont été
prises pour juguler la crise. Enfin, elle vient pour faire une cartographie des atteintes aux droits
sociaux (baisse des salaires publics, réduction des aides sociales). À partir d’une méthodologie mixte
articulant données quantitatives (INE, Encuesta de Población Activa, Cáritas) et analyse qualitative
des débats politiques, cette étude examine comment les politiques d’austérité ont redéfini les
priorités de l’État espagnol en période de crise économique. Les résultats suggèrent une régression
de la protection sociale donc de l’État-Providence en Espagne.
Mots clés : Crise économique, mesures d’austérité, dilemme, redressement économique, droits
sociaux.