Infundibulum Scientific

Titre de l'article

RITUELS DE NOMINATION ET DE DÉFÉRENCE QUOTIDIENS DES MEMBRES DU SOMMET DE L’ÉTAT AU GABON

Auteur.e.s

Placide ONDO , Adrien ONDO ESSONO.

Résumé

Le comportement d’exposition des membres influents de l’Etat, dans les situations quotidiennes et leurs interactions, dont les patronymes sont assortis d’un statut identificatoire ou d’une préséance statutaire, se justifie par la syntonisation, par l’entremise de l’Etat, entre l’institution des actes de nomination et leur ritualisation. Et ce d’autant plus que les patronymes, dont sont porteurs ces hauts dignitaires, sont assortis de préséance statutaire, aussi bien dans les interactions que dans les situations quotidiennes avec les populations. Ces rituels de nomination des mandataires (du sommet) de l’Etat au Gabon, associés à toutes les prérogatives de préséances (posture, maintien, hauteur, distinction, tenue, véhicule, escorte, etc.), constituent son apparat, sa symbolique du pouvoir, la possession des marqueurs objectifs de déférence. Les sociologies goffmanienne de l’ordre de l’interaction et bourdieusienne de l’ordre étatique de nomination ont permis à la fois, à l’aide de l’agir rituel, de prolonger et de renforcer nos objets, circonscrits autour des opérations de nomination dans la lutte des classements. En effet, par la nomination officielle, l’Etat assigne des places et des fonctions, toutes aussi officielles, c’est-à-dire publiques et reconnues de tous. Ce sont ces multipositions qui sont au cœur de la mise en scène et des arrangements de scène, et dont l’enjeux est le monopole du nom, comme acte de pouvoir symbolique : nom vu et reconnu bien classé, en tout lieu et en tout temps. Mots clés : Gabon, Etat, Fraction dominante, Rituel, Nomination-Déférence, Classement.